Koko Komégné

   
Joueur de jembe                                         Coquettes
Collection privée - tous droits réservés

 

    
Masque                                              Toilette
Collection privée - tous droits réservés



BIOGRAPHIE SOMMAIRE DE KOKO KOMEGNE

2 octobre 1950 : naissance à Batoufam, petit village à l’ouest Cameroun, au sein d’une famille de planteurs, de Komégné Gaston, fils de Wembo Bôgouok Kouamo Samuel et de Lieche Pauline.

1956 : Le jeune Koko est envoyé à Yaoundé vivre chez son oncle. Il y fréquente l’école jusqu’au CM2. Ambiance musicale, la concession étant entourée de bars qui s’animent dès la nuit tombée de musique congolaise, de merengue, de tchatchatcha…

1956-1964 : Premiers dessins. Le Boxeur, première sculpture (1960-62), qu’il réalise à partir d’un clou déformé à la flamme et au marteau : sa première oeuvre d’art, qui sera longtemps conservée dans la maison familiale de Yaoundé.

1964 : 1er retour au village familial après une absence de 8 ans. Koko a 14 ans, il redécouvre, durant 3 mois de vacances d’été qui l’éloignent de la ville, une autre société, d’autres comportements de vie, un autre système de valeurs…

Koko rentre à Yaoundé pour reprendre l’école, mais décide presque immédiatement de repartir dans son village. Il profite de la présence de sa famille, et notamment de sa grand-mère, qui le gave, dans sa maison au toit de chaume, de nourriture, de conseils et de sagesse… Il étudie à ses côtés la nature, les pouvoirs des plantes, les chants d’oiseaux… Il y reste une année, puis, se sentant incompris, il entreprend de quitter le village.

Juillet 1965 : Koko tente de repartir pour Yaoundé, mais, n’étant pas en possession d’un laisser-passer, il reste bloqué aux portes de la ville. Il se tourne alors dans la direction opposée et décide de marcher vers l’ouest. C’est ainsi qu’il arrive à Douala par “un coup du destin”. Il est accueilli chez un oncle.

Rencontre avec Jean Sabatier, peintre publicitaire et de chevalet à son temps libre, qui marque le début de sa carrière. “Voici devant moi un blanc d’une soixantaine d’années, vêtu d’une chemise Lacoste blanche, d’un short de tennis blanc, de chaussettes blanches, avec une gourmette en or et un pinceau à la main en train de peindre une enseigne. Je me dis “Merde! Tous les peintres que j’ai toujours connu faisait un travail sale, et voilà que l’on peut faire de la peinture de manière propre ! Moi qui n’ai que 16 ans, je prends mon courage et me dirige vers lui, et je lui déclare “Je veux apprendre le travail” Il m’a regardé, et m’a répondu “Je n’ai plus le temps de former quelqu’un” Il s’est alors tu, et a continué de travailler. Nous avons alors communié pendant des heures et des heures de silence. Il n’avait plus rien à dire et je n’avais rien à dire. Et chaque jour que Dieu faisait, je revenais me poster derrière lui, et je l’observais.”

1966 : Koko décide de se lancer. A son oncle qui l’engage à passer le concours de police, il rétorque qu’il a déjà trouvé sa route : il lui emprunte un des murs en caillebotte de sa concession, et ouvre son premier atelier. Pour apprendre à “manier le pinceau”, reproduction des oeuvres des grands peintres (Van Gogh, Picasso, etc.).

Durant des années, Koko utilisera les revenus que lui apporte la publicité pour investir dans ses recherches picturales personnelles. Il débute sa peinture un jour de foire, sur laquelle il se promène avec 45 francs en poche. A l’achat de quelques beignets, il préfèrera celui d’un pot de peinture noire en solde, qu’il rentabilisera 6 mois durant en multipliant les dessins.

Le véritable déclic qui lui fait trouver sa voie en peinture se produit lorsqu’il se prend de reproduire un portrait photographique de son oncle en peinture. Lorsque sa tante voit son travail, elle lui déclare “Votre art, ce n’est pas la reproduction de quelqu’un” “Votre art n’est pas de reproduire les choses comme Dieu les a faites”. “Cette phrase m’a hanté pendant au moins 6 mois. J’ai pris ma reproduction et je l’ai déchirée. J’ai repensé aux mystères, aux danses, aux symboles, à l’imaginaire de mon village, aux discours de ma grand-mère, et j’ai compris. Il ne s’agissait pas de faire de l’art comme les blancs, mais de réaliser quelque chose d’autre, quelque chose qui n’est forcément ressemblant avec quelqu’un, qui n’est pas tellement beau, mais qui invite à la méditation. Ma théorie de la diversion optique était née.”

Durant des années, Koko travaille sur les thèmes de la musique, de la danse, de la prostitution, de la misère, du monde de la nuit et des masques. Il représente l’homme dans sa condition, avec ses interrogations et ses espoirs.

J’ai peint plus d’un millier de masques. C’est en les reproduisant et en les déstructurant que j’ai trouvé ma peinture. J’ai basé mon art sur un fondement solide. La diversion optique est passée par le langage des masques, découvert lors du retour au village et approfondit par des recherches sur les différentes cultures africaines.

Il milite toute sa vie pour la sensibilisation à l’art des artistes, des tenants du pouvoir et du peuple. Il participe à plus de 500 émissions radiophoniques, près de 100 émissions télévisées et plus de 500 interviews dans la presse.

Commentaire (1)

1. Marie Hurtrel Le 23/07/2009 à 20:54

Lien vers le site web de Marie Hurtrel Envoyer un e-mail à Marie Hurtrel
Merci de faire découvrir cet artiste par sa biographie, et ses œuvres qui caressent l’esprit comme le vent les épis de blés mûrs… que ce soit avec ses danseuses, ou la toilette, ou les basketteurs.
Dans ces lignes s’attardent quelques courbes qui accrochent toujours mon regard. Rond et doux, même dans les traits les plus vifs.

2 juin 2009
Ajouter un commentaire
Vous

Votre message

Champ de sécurité

Veuillez recopier les caractères de l'image :



LexisArte
Top Art-Littérature
favoris du web votre annuaire et guide
Cleopatraradio
Marie Hurtrel, artiste peintre plasticienne, infographiste
Prose poétique de Marie Hurtrel
Recueils poétiques
contact webmaster uniquement
Mon statut

PageRank Checking Icon
Mozilla Firefox
Installez Firefox