Fernando d'Alméida


Fernando d'Alméida


Fils de Pierre d’Almeida et Hélène N’domè, Fernando d’Almeida est né à Douala en 1955. Journaliste, il a fait partie de l’équipe de rédaction de La presse du Cameroun tout en collaborant à d’autres journaux africains dont le mensuel Bingo. Même s’il a été récemment chargé de la cellule de communication au ministère de l’enseignement supérieur, il semble ne plus s’intéresser vraiment qu’à ses enseignements à la faculté des lettres de l’université de Douala où, par ailleurs, il anime sa revue Les cahiers de l’estuaire.
L’histoire de Fernando d’Almeida avec le journalisme est pleine d’amertume :


«Je ne veux plus journaliste conditionné

Manier savamment l’encensoir».

Il ne voudrait pas non plus, “nourri de la rumeur publique“, continuer à vouvoyer les mots ; c’est-à-dire, “de prendre part aux assises plénières du mensonge“. Docteur es lettres nouveau régime, il est citoyen d’honneur de Joal Fadiouth, ville natale du président Senghor.

En 1970, Fernando d’Almeida découvre l’œuvre du Prix Nobel Saint John Perse et ipso facto la poésie. Pourtant, lorsqu’il commence à écrire, c’est à la fleur césairienne qu’il va souvent butiner pour synthétiser le nectar incomparable qui est la marque sui generis de son art poétique. De Césaire, il a gardé une écriture qui crie très haut et un tempérament très porté vers l’excessif, “la démesure, les recherches frappées d’interdit, dans le grand tam-tam aveugle, jusqu’à l’incompréhensible pluie d’étoiles”(1)

Quant au vers libre, il l’utilise comme la lointaine relique d’Alexis Saint Léger. Mais Fernando d’Almeida n’emprunte les sentiers du verset que d’un pas hésitant. Il lui préfère indubitablement un poème aux formes régulières qui, sans s’enliser dans la fixité, est fortement rythmé et musicalisé. Dans la mesure où il a aboli de sa poésie la norme traditionnelle du vers mesuré et rimé, c’est aux mots qu’il exige une symphonie rigoureuse. Il va souvent transhumer dans de très lointaines pérégrinations vocabulaires pour créer des images fortes mais parfois opaques. Cela lui vaut quelquefois d’être rangé dans le paradigme des poètes hermétiques. Il s’en défend dans un poème :

«On a dit injustement de moi que ma langue est sibylline

O claire pensée et miroir du poème

Plus tard quand cherchant à me rencontrer dans le poème

ils prendront la peine de me lire comme à tête reposée
On lit l’allocution d’un chef d’Etat

Ils sauront avec quelle simplicité j’ai essayé de me dénuder»

Commentaires (3)

3. Alphonse JENE Le 16/12/2009 à 12:28

Lien vers le site web de Alphonse JENE Envoyer un e-mail à Alphonse JENE
Bonjour Perri
je découvre à l'instant ton site aussi merveilleux. Je t'assure que je suis flatté de voir ce que tu a réalisé.
Courage

2. Trisharosto Le 23/07/2009 à 00:52

Votre poésie est comme une philosophie dans la mesure ou elle permet de s’évader vers un monde fantastic.

11 juillet 2009

1. BOTIBA Angela Audrey Le 23/07/2009 à 00:51

Que dire?! Merci monsieur pour tout ce que vous faites pour les générations à venir.J’ai acheté et lu votre ouvrage Au-delà de l’utopie :dès l’instant où je l’ai vu dans la vitrine au centre culturel français de Douala, j’ai su qu’il devait être lu et d’ores et déjà il fait parti de ma bibliothèque.jamais je n’ai été fan de poésie versifiée mais aujourd’hui grâce à vous j’en ai un tout autre regard.
7 avril 2009
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